Le dessin collectif est sans doute l’une des expériences les plus enrichissantes dans le domaine du dessin expérimental. Il offre une multiplicité de visions et de transformations de contenu impossible à atteindre lorsqu’on dessine seul. Pour que le dessin soit authentiquement collectif, il faut dépasser la simple collaboration, telle qu’on la retrouve dans les cadavres exquis, dans le travail spécialisé des membres d’une équipe, ou dans les activités de création organisée, intellectualisée, qui maintiennent l’individualité de chaque artiste participant et une dominance du concept sur l’expérimentation.
Le dessin collectif dissipe l’individualité en acceptant l’intervention directe, sans consultation, sur les travaux respectifs des autres participants. Aucune partie du dessin n’est dédiée, attribuée ou dissimulée. Les formes sont souvent laissées « ouvertes » à la complétude, à la transformation et à l’interprétation. Comme les taches et traits aléatoires formant la nuée initiatrice, l’intervention de l’autre est une source de chaos et de visions.



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