«Les paysages doivent être vus dans leur totalité, afin d'en discerner la partie.»
Shen Gua, « Propos au fil du pinceau du flot de rêves » (11ième siècle)

"Sous-bois", Jacques Desbiens, 2005
Graphite sur papier, 73.5cm X 12.2cm
"Paysage", Jacques Desbiens, 2005
Graphite sur papier dans un carnet à dessins de format concertina, 337cm X 25cm
"Paysage brisé", Jacques Desbiens, 2004
Graphite sur papier dans un carnet à dessins de format concertina, 173.4cm X 19cm

Le paysage invite à l’errance, au changement de points de vue, au déplacement du regard. Mes expériences de dessins panoramiques cherchent à figurer une succession de points de vue, un déplacement dans l’espace, plutôt que l’espace lui-même. Cette approche, à la base des peintures orientales sur rouleaux horizontaux, se détache des images panoramiques occidentales qui placent l’artiste au centre du monde, représentant son environnement autour d’un point fixe. Libérés d’une géométrie égocentrique, le déplacement du point de vue est l’initiateur de perspectives nomades.

Mes dessins mélangent l’observation à l’improvisation pour construire les formes d’une nature imaginaire, de paysages brisés et reconstitués. Le dessin  recompose une scène sans souci de ressemblance avec la configuration naturelle du paysage. L’image obtenue constitue une vision imaginaire de lieux dans lesquels on peut retrouver des composantes, des formes ou des textures issues de l’observation de la nature, mais dans une configuration nouvelle et éclatée.

Le repli
Jacques Desbiens, 2009, Graphite sur papier plié
252cm X 41.7 cm
Le repli, détail